Vieillir en Grèce : quelles aides pour les retraités français?

S’installer en Grèce pour profiter d’un meilleur climat, d’un cadre de vie agréable et d’un coût de la vie parfois plus accessible est un projet qui séduit de plus en plus de retraités français.
Mais une question est souvent oubliée au moment de préparer son expatriation : que se passe-t-il si, dans dix ou quinze ans, on perd une partie de son autonomie? Peut-on continuer à bénéficier de l’APA française? Existe-t-il une aide pour payer une auxiliaire de vie? Que se passe-t-il en cas d’entrée en maison de retraite?
La réponse mérite d’être étudiée avant de partir, pas après.
Cette réflexion fait partie intégrante de la préparation d’une expatriation: elle vient compléter les démarches administratives et pratiques présentées dans notre guide Organiser son expatriation. 

Publié le 14 Août 2026

Anticiper, c’est aussi une des clés d’une expatriation réussie. Notre Pré-audit de situation (290 €) intègre cette réflexion à long terme dans votre projet.

En résumé

Un retraité français installé durablement en Grèce continue à percevoir sa pension française, mais ne conserve pas automatiquement les prestations françaises qui dépendent d'une résidence en France. La santé relève d'une logique différente, notamment via le formulaire S1, tandis que l'aide à domicile et la dépendance doivent être étudiées selon les dispositifs grecs disponibles et les ressources personnelles.

Quatre notions à bien distinguer dès le départ:

  • votre pension (continue d’être versée selon les règles applicables),
  • votre assurance maladie (peut continuer à intervenir dans le cadre européen, notamment via le S1),
  • les aides sociales liées à la résidence (certaines ne suivent pas automatiquement votre installation en Grèce),
  • et la dépendance / l’aide à domicile / la maison de retraite (un sujet à part, avec un financement à étudier selon le dispositif et votre situation).

Cet article détaille ces quatre volets un par un.

L'essentiel à retenir

Aide ou dispositifRetraité français résidant durablement en Grèce
Pension de retraite françaiseOui, elle peut être versée en Grèce
APA française (Allocation Personnalisée d’Autonomie)Non, en principe: Comme son nom l’indique, l’Allocation Personnalisée d’Autonomie - APA - est versée aux personnes âgées de plus de 60 ans qui subissent une perte d’autonomie. Elle est soumise à une condition de résidence stable et régulière en France
ASH française pour maison de retraite (Aide sociale à l'hébergement)Non, en principe: même condition de résidence en France. L'aide sociale à l'hébergement aide les personnes âgées ou handicapées, aux faibles ressources, en prenant en charge tout ou partie des frais liés à leur hébergement en établissement ou chez un accueillant familial.
Crédit d'impôt emploi à domicileNon dans le cadre normal d'une expatriation durable : suppose un emploi exercé en France et le domicile fiscal en France — à vérifier au cas par cas
ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées)Non, en principe : soumise à une condition de résidence en France
Aide à domicile municipale grecquePossible selon la commune et la situation
Centres de jour pour personnes âgées (ΚΗΦΗ)Possible selon les dispositifs locaux
Prestations grecques liées au handicapPossibles dans certaines situations, sous conditions
Maison de retraite privée en GrècePossible, financement à étudier au cas par cas
Prise en charge des soins de santéOui selon le régime d'assurance maladie compétent (formulaire S1 notamment)

Le point essentiel: il n’existe pas de transfert automatique, pour un retraité français installé en Grèce, d’un équivalent de l’APA permettant de financer sa perte d’autonomie à l’étranger. (Source : Service-Public.fr)

La pension continue, mais pas les aides liées à la résidence

Deux logiques bien différentes

Le fait de vivre en Grèce ne fait pas disparaître vos droits à pension acquis en France: votre retraite continue d’être versée, sous réserve de démarches administratives comme la transmission périodique d’un certificat de vie (source : L’Assurance Retraite).

C’est un point très différent des prestations sociales liées à la résidence.

    • APA (Allocation personnalisée d’autonomie): non, en principe, soumise à une condition de résidence stable et régulière en France. Elle ne peut donc généralement pas financer une aide ménagère, une auxiliaire de vie ou une maison de retraite en Grèce.
    • ASH (Aide sociale à l’hébergement): même logique, en principe, suppose une résidence stable en France et un établissement répondant aux conditions du dispositif français.
    • Crédit d’impôt emploi à domicile: non, dans le cadre normal d’une expatriation durable, ce dispositif suppose le domicile fiscal en France et un emploi exercé en France. Un résident fiscal grec ne peut généralement pas s’en prévaloir pour une aide à domicile en Grèce — ce point mérite néanmoins d’être vérifié au cas par cas avec un fiscaliste, les règles pouvant comporter des nuances selon les situations.
    • ASPA (souvent appelée « minimum vieillesse ») : en principe non, réservée aux personnes résidant en France, d’après l’Assurance Retraite.

Il ne faut donc pas construire un projet d’expatriation en supposant que l’on conservera toutes les aides françaises simplement parce que l’on continue à percevoir sa pension française.

Les caisses de retraite peuvent-elles aider malgré tout?

Une action sociale à vérifier au cas par cas, avant le départ

Certaines caisses de retraite (l’AGIRC-ARRCO par exemple) proposent des dispositifs d’action sociale: aide ponctuelle à domicile, accompagnement après une hospitalisation, services de prévention. Mais l’existence d’une aide sociale d’une caisse ne signifie pas qu’elle est automatiquement exportable en Grèce.
Le bon réflexe consiste à demander à chaque caisse, avant le départ: si l’aide est ouverte aux résidents hors de France, si elle peut financer une prestation réalisée en Grèce, si elle est ponctuelle ou récurrente, et quelles sont les conditions de ressources et de dépendance applicables.

Les dispositifs grecs existants

« Βοήθεια στο Σπίτι » : l'aide à domicile grecque

Le principal programme grec s’appelle « Βοήθεια στο Σπίτι » (« Aide à domicile »). Il s’adresse aux personnes de plus de 65 ans qui ne sont pas totalement autonomes, avec une attention particulière pour celles vivant seules, sans soutien familial suffisant ou à faibles revenus. Les services varient selon la commune : aide aux tâches quotidiennes, hygiène, soins infirmiers de premier niveau, accompagnement social (source : portail grec de la politique familiale). Ce n’est pas une allocation nationale équivalente à l’APA, mais un ensemble de services organisés localement : la première démarche consiste à contacter le δήμος (mairie) de votre lieu de résidence.

ΚΗΦΗ : les centres de jour pour personnes âgées

Ces structures proposent un accompagnement en journée pour des personnes ayant besoin d’aide tout en continuant à vivre à domicile. Cette solution peut retarder une entrée en établissement et soulager un conjoint aidant. Attention, il faut être enregistré à l’AMKA.

Le cas particulier de l'allocation grecque pour personnes âgées sans ressources

Il existe une allocation destinée à certaines personnes âgées non assurées et à faibles ressources. Attention : les conditions prévoient explicitement que le bénéficiaire ne perçoit pas de pension, grecque ou étrangère. Un retraité français percevant une pension française n’y est donc pas éligible, même avec de faibles revenus — ce n’est pas un « minimum vieillesse grec » accessible aux Français.

Les prestations grecques liées au handicap

L’OPEKA (organisme social & de solidarité) gère différents programmes d’aide financière liés à un handicap reconnu, potentiellement accessibles à des ressortissants de l’UE résidant légalement en Grèce, sous conditions médicales et administratives précises. Ces dispositifs ne doivent pas être confondus avec une allocation générale de dépendance liée à l’âge: il faut bien distinguer la perte d’autonomie liée à l’âge du handicap reconnu selon les critères grecs.

Employer une aide à domicile en Grèce

L'εργόσημο, un dispositif légal accessible

Le système grec prévoit l’εργόσημο (ergosimo), un dispositif permettant de rémunérer et d’assurer légalement des travailleurs à domicile: aides ménagères, entretien, aide aux personnes âgées, accompagnement de personnes avec des besoins particuliers (source : e-EFKA).

Depuis le 1er avril 2026, le salaire minimum légal grec est fixé à 920 € bruts par mois (soit environ 770 à 780 € net), avec un salaire journalier minimum de 41,09 € pour les travailleurs concernés par ce mode de rémunération. Attention, il faut prendre en compte que ce salaire est sur 14 mois.

Ce montant est un repère légal, mais le salaire minimum ne constitue pas un tarif d’aide à domicile : le coût réel dépend du nombre d’heures, du statut de l’intervenant, des cotisations sociales applicables, des congés, et des modalités d’hébergement en cas de présence permanente.

Nous recommandons de faire chiffrer le coût réel par un comptable ou un professionnel local avant de recruter.
Pour comprendre précisément le rôle du formulaire S1, l’accès aux soins et les différences entre assurance maladie et couverture complémentaire, consultez notre guide sur la santé des retraités français en Grèce

Et en cas d'entrée en maison de retraite?

Ne pas confondre couverture santé et financement de la dépendance

La Grèce dispose de structures dédiées, les Μονάδες Φροντίδας Ηλικιωμένων (MFI), ainsi que d’autres structures de soins de longue durée, dont certaines peuvent relever de procédures de conventionnement avec l’EOPYY (l’assurance maladie grecque) pour des publics spécifiques. Mais ces conditions d’admission restent précises et ne signifient pas que toute maison de retraite privée est automatiquement remboursée.

Il faut donc éviter une idée reçue fréquente : « Je suis retraité français, donc ma Sécurité sociale française paiera automatiquement ma maison de retraite en Grèce. » Ce n’est pas ainsi que fonctionne la prise en charge de la dépendance: couverture maladie et financement de l’hébergement sont deux sujets distincts.

Le budget d’une maison de retraite grecque varie énormément selon la ville, le type de chambre, le niveau de dépendance, la prise en charge de la démence, les soins et les prestations incluses — il est donc préférable de faire cette étude région par région plutôt que d’espérer un tarif national unique.

Et si votre pension est confortable?

Les aides françaises, elles aussi, sont largement conditionnées aux ressources

Il est utile de nuancer ce constat pour les retraités disposant d’une pension confortable. En France même, l’ASH et l’ASPA sont des aides sociales strictement soumises à des conditions de ressources: un retraité aisé n’y aurait de toute façon pas droit s’il restait en France. Quant à l’APA, si elle n’est pas conditionnée aux ressources pour l’accès, son montant net perçu diminue fortement à mesure que les revenus augmentent, via un ticket modérateur (participation du bénéficiaire) qui peut devenir très élevé pour les pensions confortables.


Autrement dit, pour un retraité disposant de revenus élevés, la « perte » des aides françaises liées à la dépendance en s’installant en Grèce est souvent moins significative qu’il n’y paraît: ces aides auraient de toute façon été partiellement ou totalement inaccessibles, ou fortement réduites, en restant en France. Dans ce cas de figure précis, l’avantage fiscal du régime à 7 % peut rendre le bilan global de l’installation en Grèce plus favorable, selon la situation fiscale et les revenus concernés — ce n’est en aucun cas une compensation automatique ou systématique.
Pour comprendre le régime fiscal grec à 7 % et vérifier s’il peut réellement améliorer votre situation, consultez notre guide dédié.

Ce raisonnement mérite d’être chiffré précisément selon votre situation : nous vous recommandons une simulation personnalisée plutôt qu’une généralisation.

Mutualiser les coûts — l'option de la vie en communauté

Une piste encore peu explorée par les retraités français

Face au coût d’une présence quotidienne ou permanente, une option mérite d’être envisagée : partager un logement ou vivre à proximité immédiate d’autres retraités, français ou non, pour mutualiser le coût d’une aide à domicile commune. Plusieurs foyers proches peuvent ainsi se répartir les heures d’intervention d’une même auxiliaire de vie ou d’une même aide ménagère, réduisant sensiblement le coût individuel par rapport à une prise en charge isolée.


Cette organisation reste à construire au cas par cas (affinités, compatibilité des besoins, cadre contractuel avec l’intervenant), mais elle constitue une piste concrète pouvant réduire le coût individuel par rapport à une prise en charge isolée, tout en retardant ou évitant une entrée en établissement. C’est un sujet que nous suivons avec intérêt pour de futurs contenus dédiés.

Bien choisir sa région en pensant à l'avenir

Athènes, Le Pirée, ou une région plus rurale ?

Pour conserver un maximum d’autonomie au fil des années, la proximité d’un grand centre urbain présente des avantages réels: davantage de médecins, accès aux hôpitaux, plus de services à domicile, plus de maisons de retraite, transports plus accessibles. À l’inverse, une région rurale offre un logement moins cher, un cadre plus calme, mais une disponibilité de services spécialisés plus réduite.


Le choix du lieu de retraite doit donc intégrer non seulement la qualité de vie à 65 ans, mais aussi la qualité de vie à 75, 80 ou 85 ans et plus. Pour explorer les régions sous cet angle, consultez notre hub Où vivre en Grèce.

Checklist avant de partir

✅ Ma checklist "vieillir en Grèce"

  • Vérifier les conditions de versement de toutes mes pensions en Grèce
  • Vérifier ma situation d'assurance maladie et les démarches liées au formulaire S1
  • Demander à mes caisses de retraite quelles aides sociales restent accessibles hors de France
  • Vérifier que je ne dépends pas d'une prestation française liée à la résidence en France
  • Évaluer mon budget en cas de perte d'autonomie (plusieurs scénarios)
  • Identifier 2-3 établissements ou structures de soins dans la région envisagée
  • Repérer les services d'aide à domicile disponibles localement
  • Vérifier la proximité d'un hôpital
  • Prévoir une épargne de précaution dédiée à la dépendance
Organiser une aide à domicile pour un retraité français installé en Grèce

Notre conseil

S’expatrier en Grèce à la retraite ne consiste pas uniquement à choisir une maison au bord de la mer. À 60 ou 65 ans, le soleil, la mer et le coût de la vie sont naturellement des critères importants. Mais à 75, 80 ans ou 90 ans, d’autres questions deviennent essentielles : qui m’aidera à me déplacer, où serai-je soigné, puis-je rester chez moi, que se passera-t-il si mon conjoint disparaît avant moi.

  • Pour certains retraités, la Grèce peut rester une excellente destination jusqu’à un âge avancé, à condition d’avoir choisi une région adaptée et prévu une organisation réaliste. Retir’In G peut vous aider à monter ce projet et à vous apporter support de conciergerie.
  • Pour d’autres, conserver un pied-à-terre ou une solution de retour en France pourra rester pertinent.

Il n’existe pas de solution universelle.

Retir’In G n’est ni avocat, ni fiscaliste, ni professionnel de santé ou du secteur médico-social. Cet article présente une synthèse des dispositifs existants au moment de sa rédaction ; les règles et montants peuvent évoluer, et votre situation personnelle doit être vérifiée auprès des organismes français et grecs compétents avant toute décision.

Sources

  • Service-Public.fr — Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et Aide sociale à l’hébergement (ASH)
  • L’Assurance Retraite — Retraite à l’étranger et allocations de solidarité
  • CLEISS — Formulaire S1 et régime de protection sociale
  • Portail officiel grec de la politique familiale — « Βοήθεια στο Σπίτι »
  • OPEKA — Prestations liées au handicap
  • e-EFKA — εργόσημο pour les services à domicile
  • Ministère grec du Travail — salaire minimum 2026 (920€ brut depuis le 1er avril 2026)
  • EOPYY — procédures relatives aux établissements conventionnés

Questions Fréquentes

Peut-on toucher l'APA française en vivant en Grèce?
Non, l’APA suppose une résidence stable et régulière en France. Elle ne peut donc pas financer une aide à domicile en Grèce.
Il n’existe pas de prestation nationale grecque générale équivalente à l’APA. La Grèce s’appuie davantage sur des services municipaux, des dispositifs ciblés et des prestations liées au handicap dans certaines situations.
Le programme vise notamment les personnes de plus de 65 ans qui ne sont pas totalement autonomes. L’accès concret dépend du dispositif local: il faut se renseigner directement auprès de la municipalité de résidence.
Oui, via le dispositif de l’εργόσημο, qui permet de rémunérer et d’assurer légalement ce type d’intervention à domicile.

En principe, non: ce crédit d’impôt suppose le domicile fiscal en France et un emploi exercé en France.

Dans une certaine mesure, oui : l’ASH et l’ASPA sont déjà conditionnées aux ressources en France, et le reste à charge de l’APA augmente avec les revenus. Pour un retraité aisé, la perte de ces aides en partant en Grèce est donc souvent moins significative que pour un retraité modeste, et l’avantage du régime fiscal à 7 % peut compenser une partie du budget de dépendance à financer sur fonds propres.
Non, il ne faut pas partir de ce principe. La couverture des soins de santé et le financement de l’hébergement sont deux sujets distincts, à vérifier au cas par cas.

Vous savez combien vous pouvez consacrer aujourd'hui à votre retraite en Grèce, mais savez-vous combien vous pourriez consacrer demain à une aide à domicile?

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