Retraité de la fonction publique:
que se passe-t-il si vous vous installez en Grèce?

Publié le 18 Août 2026

«Ma pension reste imposable en France, donc autant dire que la Grèce ne change rien pour moi.»

On l’entend souvent, de la part d’anciens agents de l’État, des collectivités ou de l’hospitalière qui envisagent leur retraite sous le soleil grec. Et pourtant, ce raisonnement s’arrête à mi-chemin. Oui, votre pension de fonctionnaire reste en principe taxée en France: la convention fiscale franco-grecque le prévoit. Mais cela ne signifie pas pour autant que votre situation fiscale et sociale reste identique. Le changement de résidence peut modifier plusieurs prélèvements et règles fiscales, et le résultat dépend du profil de chaque retraité.

Ce guide déroule les mécanismes à connaître, sans faire de calcul à votre place ou celle de professionnel qualifié: chaque situation est trop différente pour ça.
Notre Pré-audit de situation (290 €) permet de poser votre situation, d’identifier ensemble les points à examiner noir sur blanc, car votre situation est unique. Si nécessaire, il permets de vous orienter vers les professionnels compétents avant votre départ.

⚠️ Cet article est fourni à titre strictement informatif et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil fiscal, ni une consultation juridique, ni une recommandation personnalisée.

Même parcours administratif que dans le privé

Sur le plan des démarches essentielles, rien ne distingue un fonctionnaire retraité d’un retraité du privé. Le parcours reste le même pour s’installer en Grèce: obtenir l’AFM dès l’arrivée, demander l’attestation d’inscription au-delà de trois mois, transférer ses droits santé via le formulaire S1, et ne pas oublier de signaler son déménagement au fisc français. Nous détaillons chaque étape dans notre guide complet. 

Ce qui change, en revanche, c’est tout ce qui se passe une fois ces démarches accomplies — et c’est là que ça devient intéressant.

Le piège à éviter - la perte quasi-totale des crédits et réductions d'impôt

C’est le point de vigilance majeur, et il concerne d’ailleurs tous les non-résidents fiscaux, fonctionnaires ou non. En devenant non-résident fiscal français, vous perdez l’accès à la quasi-totalité des niches fiscales françaises, réservées aux personnes ayant leur domicile fiscal en France.

Ce qui saute au départ

ExempleEn tant que résident fiscal françaisEn tant que non-résident
Emploi à domicileCrédit d'impôt sous conditionsEn principe non applicable
Dons aux associationsRéduction sous conditionsEn principe non applicable
Certains dispositifs d'investissement (Pinel, Denormandie, Malraux...)Selon le dispositifRègles spécifiques, à vérifier

Cette page ne cherche pas à dresser une liste exhaustive: les règles applicables aux avantages fiscaux des non-résidents comportent des exceptions et des situations particulières. Faites vérifier vos avantages actuels avant votre départ.

Une exception mérite d’être mentionnée sans s’y attarder : si votre pension française représente la quasi-totalité de vos revenus mondiaux, une jurisprudence européenne (dite « Schumacker ») permet, sous conditions précises et rarement simples à réunir, de demander à être traité fiscalement comme un résident pour récupérer une partie de ces avantages. C’est un sujet technique à part entière, à ne creuser qu’avec un fiscaliste : nous ne le détaillons pas davantage ici.

Comment est imposé le fonctionnaire non-résident

La convention fiscale franco-grecque prévoit une règle particulière pour les pensions versées au titre d’anciens services publics. Lorsqu’un retraité français, devenu résident fiscal grec, perçoit une pension publique française imposable en France, celle-ci reste en principe soumise à l’impôt français. Une exception existe notamment lorsque le bénéficiaire est résident de Grèce et ressortissant grec sans être ressortissant français : dans ce cas, la convention peut attribuer le droit d’imposer à la Grèce.

La retenue à la source des non-résidents (RAS NR)

Si votre pension est imposable en France alors que vous êtes résident fiscal grec, elle relève de la retenue à la source des non-résidents (RAS NR). Cette retenue est prélevée directement par votre caisse de retraite avant le versement de votre pension.

La RAS NR est calculée par tranches, après l’abattement applicable aux pensions (10%):

    • 0 % jusqu’à 17 275 € ;
    • 12 % de 17 275 € à 50 112 €;
    • 20 % au-delà de 50 112 €.

Les seuils sont revalorisés périodiquement : il convient donc de vérifier ceux applicables à l’année concernée. Vous pouvez consulter le détail du mécanisme et un exemple chiffré sur impots.gouv.fr.

Point important : les tranches à 0 % et à 12 % sont libératoires.

Cela signifie que la retenue correspondante éteint définitivement l’impôt français sur ces fractions de pension: elles ne sont pas reprises dans le calcul ultérieur de l’impôt.
La fraction située au-delà de 50 112 €, soumise à une retenue de 20 %, fonctionne différemment. Cette retenue de 20 % n’est pas libératoire : elle constitue un acompte imputable sur l’impôt définitif. Une régularisation peut donc intervenir lors du calcul de l’impôt.

Le taux minimum des non-résidents : un mécanisme distinct

Il ne faut pas confondre la RAS NR avec le taux minimum d’imposition des non-résidents, prévu par l’article 197 A du CGI. Lors du calcul définitif de l’impôt, la fraction de revenu qui n’a pas bénéficié du caractère libératoire de la RAS est soumise au calcul de l’impôt applicable aux non-résidents. Le taux minimum prévu par l’article 197 A peut alors s’appliquer, sauf si le taux moyen est retenu lorsqu’il est plus favorable. Les taux minimum prévus par la loi sont:
  • 20 % jusqu’à la limite prévue par l’article 197 A;
  • 30 % au-delà de cette limite.
La retenue de 20 % déjà prélevée par la caisse est alors imputée sur l’impôt définitif. Selon le montant de la pension, une somme complémentaire peut donc être due. Les tranches de pension ayant bénéficié de la RAS à 0 % ou à 12 % ne sont pas, pour autant, rétroactivement taxées à 20 % ou à 30 %. Elles restent couvertes par le caractère libératoire de la RAS NR.

Et le taux moyen ?

Un non-résident peut, lorsque les conditions sont remplies, demander l’application du taux moyen si celui-ci est plus favorable que le taux minimum. Ce calcul tient compte de l’ensemble des revenus du foyer afin de déterminer le taux qui aurait résulté de l’application du barème français.

Le taux moyen peut donc réduire l’impôt français effectivement dû, mais son calcul dépend de votre situation personnelle et notamment de vos autres revenus.

Et si vous êtes un couple

Le fait d’être marié ou pacsé ne signifie pas que chaque pension est imposée séparément. Pour le calcul définitif de l’impôt français, le quotient familial s’applique également aux non-résidents, selon les règles prévues par la législation française.

En revanche, la RAS NR est prélevée directement par chaque caisse de retraite sur les pensions qu’elle verse. Lorsque plusieurs caisses versent des pensions au sein du même foyer, une régularisation peut être nécessaire, car l’administration tient compte de l’ensemble des revenus concernés.

La situation peut devenir plus complexe lorsque les deux membres du couple n’ont pas le même type de pension.

  • Par exemple, une pension publique française peut être imposable en France tandis qu’une pension privée peut, selon la convention fiscale franco-grecque, être imposable en Grèce.
  • Le calcul du taux moyen peut alors tenir compte des revenus mondiaux du foyer lorsque cette option est applicable.

Et si une partie de votre pension vient du privé?

Comme mentionné, beaucoup d’anciens fonctionnaires ont aussi cotisé, à un moment de leur carrière, à un régime privé -avant leur entrée dans la fonction publique, ou via une activité complémentaire. Ou alors c’est votre conjoint qui perçoit une pension privée. Dans ce cas, la situation devient encore plus intéressante: la pension publique reste imposée en France selon les règles qu’on vient de détailler, mais la part de pension privée, elle, peut relever, sous conditions, du régime fiscal grec applicable à certaines pensions de source étrangère, une fois votre résidence fiscale grecque établie.

C’est un point que beaucoup de couples de fonctionnaires retraités ignorent complètement, alors qu’il peut représenter un vrai levier. Le détail des conditions d’éligibilité à ce régime, ses avantages et son calendrier de dépôt sont expliqués dans notre guide de référence.
Et parce que ce régime suppose d’établir sa résidence fiscale en Grèce -une condition à part entière, distincte de la simple imposition de votre pension publique -notre guide sur la règle des 183 jours reste incontournable avant toute décision.

À retenir:

La RAS NR est la retenue effectuée directement par votre caisse de retraite.

  • Les tranches à 0 % et 12 % sont libératoires;
  • la tranche à 20 % constitue un acompte qui sera pris en compte lors du calcul définitif.
  • Le taux minimum de 20 % ou 30 %, ainsi que l’éventuel taux moyen, interviennent à cette seconde étape.

Pour un retraité ou un couple installé en Grèce, le montant réellement dû dépend donc à la fois de la nature de sa pension, de la convention fiscale franco-grecque et de sa situation fiscale personnelle.

⚠️ Ne prenez pas votre décision d’installation sur la base d’un pourcentage ou d’un exemple trouvé sur Internet. Pour un retraité de la fonction publique, quelques éléments personnels peuvent modifier le résultat fiscal final. Faites valider votre situation par un fiscaliste avant votre départ: un calcul générique ne peut pas remplacer une simulation individuelle avec un professionnel.

Le vrai levier d'économie - le basculement social

Voilà le point que presque personne ne mentionne, et c’est pourtant lui qui change la donne. En transférant votre résidence fiscale en Grèce tout en restant rattaché au système de santé français, vous ne payez plus la CSG (8,3%) ni la CRDS (0,5%) et la CASA sur votre pension – soit jusqu’à 9,1% d’exonération, confirmée noir sur blanc par le Service des Retraites de l’État et le CLEISS.

À la place, une cotisation d’assurance maladie pour non-résidents s’applique: 3,2% sur la pension de base, 4,2% sur les régimes complémentaires. Toutefois, la situation exacte dépend toutefois de votre affiliation maladie et de la nature de vos pensions. Donc l’écart de prélèvement sur la pension de base est jusqu’à 5,9 points: 9,1% de CSG/CRDS contre 3,2% de cotisation maladie. Ce n’est pas une astuce d’optimisation ni un montage complexe: c’est la règle qui s’applique automatiquement dès lors que vous devenez non-résident tout en gardant votre couverture santé française.

Une nuance à garder en tête: le taux de CSG/CRDS réellement appliqué à votre pension avant votre départ dépend de votre revenu fiscal de référence. Certains retraités aux revenus modestes bénéficient déjà de taux réduits ou d’une exonération en France. L’écart réel dépend donc de votre situation de départ, pas d’un taux plein systématique pour tout le monde.

Pourquoi il faut comparer votre situation avant de partir

Le changement de résidence fiscale ne produit pas le même résultat pour tous les retraités de la fonction publique.

Le calcul dépend notamment du montant et de la composition de vos pensions (base, complémentaire, éventuelle part privée), de votre situation familiale, de vos autres revenus, du niveau de prélèvements sociaux auquel vous êtes soumis en France aujourd’hui, et des éventuelles réductions ou crédits d’impôt dont vous bénéficiez actuellement.

Il faut donc comparer votre situation réelle avant le départ et votre situation réelle après l’installation, plutôt que d’appliquer un pourcentage général à une pension. C’est précisément pour cette raison qu’un calcul personnalisé est préférable à une simulation standard — et c’est aussi précisément ce que nous évaluons avec vous lors d’un pré-audit.
Notre Pré-audit de situation (290 €) permet de poser votre situation, d’identifier avec vous les points fiscaux et sociaux à examiner et de vous orienter vers les professionnels compétents lorsque votre dossier nécessite une validation fiscale personnalisée. Il n’y a pas de profil type, chaque cas est unique. Réservez votre pré-audit. 

"Il n'y a pas de profil type, chaque cas est unique. Validez votre étude avec un avocat fiscaliste AVANT votre départ"
"Il n'y a pas de profil type, chaque cas est unique. Validez votre étude avec un avocat fiscaliste AVANT votre départ"

Ce qu'il faut retenir avant de sauter le pas

    • Un parcours administratif identique à celui d’un retraité du privé: AFM, attestation d’inscription et transfert S1 demandent la même rigueur.
    • Un des éléments à comparer est social plutôt que purement fiscal : l’écart entre les prélèvements sociaux applicables en France et la cotisation d’assurance maladie applicable à certains retraités résidant à l’étranger.
    • Le résultat final dépend beaucoup de votre profil: niveau de pension, utilisation ou non de réductions d’impôt en France, composition de vos revenus, application ou non du taux minimum. Il n’existe pas de réponse générique valable pour tous les retraités de la fonction publique
    • Attention aux réductions d’impôt perdues: si vous utilisez les services à la personne ou des niches fiscales en France, faites chiffrer précisément votre cas avant de partir.

⚠️ Cet article est fourni à titre strictement informatif et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil fiscal, ni une consultation juridique, ni une recommandation personnalisée.

La fiscalité d’un retraité de la fonction publique qui s’installe en Grèce dépend notamment de la nature exacte de la pension, de l’organisme qui la verse, de la convention fiscale franco-grecque, de la résidence fiscale, de la nationalité, de la situation familiale, du nombre de parts, des autres revenus du foyer et, le cas échéant, des règles applicables aux prélèvements sociaux et à l’assurance maladie.

Les mécanismes, seuils et taux présentés dans cet article correspondent aux règles connues à la date de sa mise à jour et peuvent évoluer. Les exemples et explications sont destinés à faciliter la compréhension des mécanismes généraux: ils ne permettent pas de déterminer l’impôt réellement dû par une personne ou un couple.

Avant de modifier votre résidence fiscale ou de prendre une décision concernant votre installation en Grèce, nous vous recommandons vivement de faire examiner votre situation par un fiscaliste compétent en fiscalité franco-grecque et en fiscalité des non-résidents.

Cela est particulièrement important si vous percevez plusieurs pensions, si les deux membres du couple ont des situations différentes (par exemple pension publique pour l’un et pension privée pour l’autre), si vous disposez de revenus immobiliers ou financiers, ou si vous bénéficiez actuellement de réductions ou crédits d’impôt en France.

Retir’ In G n’est ni un cabinet fiscal, ni un avocat, ni un expert-comptable et ne se substitue pas à ces professionnels. Notre rôle est de vous aider à comprendre les mécanismes, à identifier les points à vérifier et à préparer votre projet d’installation. La validation de votre situation fiscale personnelle doit être effectuée par un professionnel qualifié. 

Questions Fréquentes

Ma pension de fonctionnaire sera-t-elle vraiment moins taxée en Grèce ?
Le résultat dépend de votre situation. L’un des éléments à prendre en compte est la différence entre les prélèvements sociaux applicables en France et la cotisation d’assurance maladie applicable à certains retraités résidant à l’étranger. Mais l’impôt français définitif, les éventuels avantages fiscaux perdus et vos autres revenus doivent également être pris en compte.
En principe, non : une pension publique française qui, en application de la convention fiscale franco-grecque, reste imposable en France ne relève pas du régime grec applicable à certaines pensions de source étrangère. Des règles particulières peuvent toutefois intervenir selon la nature exacte de la pension et la situation du bénéficiaire. Une éventuelle pension privée complémentaire peut, sous conditions, relever du régime fiscal grec prévu pour certaines pensions de source étrangère.
De nombreux avantages fiscaux français ne sont pas accessibles aux non-résidents dans les mêmes conditions que les résidents. Il existe toutefois des exceptions et des situations particulières : faites vérifier votre cas par un avocat avant de prendre votre décision.
Il s’applique en principe à partir d’un certain niveau de revenu, en comparaison avec le calcul classique. Pour les pensions plus modestes, le barème habituel avec quotient familial reste souvent plus favorable.
Fortement recommandé, surtout si votre situation comprend plusieurs sources de revenus, des réductions d’impôt significatives, ou une pension élevée. Les trois cas de cet article montrent que l’issue peut varier d’un profil à l’autre. Cette simulation doit être faite par un professionnel qualifié. Retir’In G ne peut se substituer à ces professionnels.

Fonctionnaire ou salarié du privé, votre calcul reste unique.

Besoin de savoir quels éléments doivent être vérifiés avant votre départ ?
Notre Pré-audit de situation (290 €) permet de poser votre situation, d’identifier les points fiscaux et sociaux à examiner et de vous orienter vers les professionnels compétents lorsque votre dossier nécessite une validation fiscale personnalisée.

Retour en haut